L’écotourisme au Costa Rica est une forme de tourisme durable centrée sur la découverte responsable de la nature : observer la faune sans la perturber, séjourner dans des écolodges, soutenir les communautés locales. Pionnier depuis les années 1990, le pays protège plus d’un quart de son territoire, concentre près de 6 % de la biodiversité mondiale et produit plus de 98 % de son électricité à partir de sources renouvelables. Deux organismes structurent la démarche : le SINAC pour les aires protégées, l’ICT pour la certification des acteurs touristiques.
Ce n’était pas gagné, mais le Costa Rica a réussi son pari : devenir une référence de l’écotourisme en Amérique centrale et au-delà. Derrière l’image de carte postale, il y a un modèle construit sur plusieurs décennies, des chiffres vérifiables, des labels exigeants, et aussi des zones d’ombre qu’il serait malhonnête de passer sous silence. Ce guide fait le point sur ce qu’est réellement le tourisme durable au Costa Rica, où le vivre, et comment voyager sans creuser l’écart entre le discours et la réalité du terrain.
| Indicateur | Donnée | Source |
|---|---|---|
| Territoire national protégé | Plus de 25 % (parcs nationaux et réserves) | SINAC |
| Part de la biodiversité mondiale | Près de 6 % | SINAC / ICT |
| Électricité d’origine renouvelable | Plus de 98 % depuis 2014 | ICE / MINAE |
| Couverture forestière | Environ 52 % du territoire | MINAE |
| Objectif neutralité carbone | Zéro émission nette en 2050 | Plan national de décarbonation (MINAE) |
| Armée | Abolie en 1948 | Constitution du Costa Rica |
Qu’est-ce que l’écotourisme ?
L’écotourisme est une forme de voyage responsable dans des espaces naturels peu perturbés, qui contribue à la protection de l’environnement et au bien-être des populations locales. La définition fait référence : elle a été posée en 1992 par la Société internationale d’écotourisme (TIES). Contraction d’« écologie » et de « tourisme », le terme apparaît dès les années 1970 et s’inscrit dans la logique du développement durable.
Trois dimensions reviennent dans toutes les définitions sérieuses, y compris celle de l’IUCN : un tourisme axé sur la nature, une composante éducative, et une exigence de durabilité. Autrement dit, il ne suffit pas de visiter un beau paysage. Il faut aussi comprendre l’écosystème, limiter son impact, et faire en sorte que les retombées bénéficient aux habitants du territoire visité.
Écotourisme, tourisme durable, tourisme vert : quelles différences ?
On emploie souvent ces termes comme des synonymes. Ils ne le sont pas tout à fait. L’écotourisme se concentre sur des sites naturels remarquables et leur mise en tourisme. Le tourisme durable est plus large : il applique les principes du développement durable à toutes les formes de voyage, en ville comme à la campagne, en croisant les enjeux économiques, sociaux et environnementaux. Le tourisme vert et le tourisme responsable désignent, dans le langage courant, la même intention de voyager en réduisant son empreinte.
| Notion | Ce qu’elle recouvre | Où elle s’applique |
|---|---|---|
| Écotourisme | Découverte de la nature préservée, éducation, faible impact | Parcs, réserves, milieux naturels |
| Tourisme durable | Équilibre économique, social et environnemental | Tous les contextes, y compris urbain |
| Tourisme vert / responsable | Réduction de l’empreinte, gestes concrets du voyageur | Toute forme de voyage |
L’écotourisme est une forme de tourisme durable dont l’objectif est de profiter de la nature et des paysages, tout en ayant de faibles impacts environnementaux. Ces activités ou ces pratiques comportent une part d’éducation, et aident à faire prendre conscience aux voyageurs de la nécessité de préserver les ressources naturelles et le capital social des zones visitées.
On parle souvent de tourisme vert , de tourisme durable, d’ écotourisme, sans savoir clairement quels principes précis définissent chaque terme. Même si les définitions de ces notions restent floues et peuvent être interprétées différemment, elles englobent de grandes notions clés, à savoir :
- Protection et valorisation du patrimoine naturel et culturel.
Nous vous conseillons la lecture de cet article sur la relation entre communautés indigènes et protection de l’environnement (en anglais). - Education et sensibilisation des populations locales et des touristes.
- Prise en main et gestion de l’activité par la population locale.
- Bien-être des habitants.
Le destin unique de l’écotourisme au Costa Rica
Déforestation, culture de la banane et du café et élevage ont fait la pluie et le beau temps au Costa Rica depuis la colonisation espagnole, avec une apogée aux XIXème et XXème siècle sous le règne de la United Fruit Company.
Pendant ce temps, le Costa Rica est resté une simple base d’études et de recherches scientifiques, malgré sa très grande biodiversité.
Mais dès le XIXème siècle, contrairement à ses voisins, le Costa Rica a doucement mais sûrement pris le chemin de la démocratie, de la démilitarisation totale – consacrée en 1948 sous José Pepe Figueres, du dynamisme social, avec notamment une éducation obligatoire et gratuite depuis 1869… et ainsi de la prospérité économique.
Pourquoi le Costa Rica est-il une référence de l’écotourisme ?
Le Costa Rica est devenu un modèle parce qu’il a fait des choix politiques rares dans la région. En 1948, sous José Figueres, le pays abolit son armée et réoriente les budgets vers l’éducation et la santé. Cette stabilité démocratique a créé les conditions d’une politique environnementale de long terme, là où plusieurs voisins traversaient des conflits.
Le tournant écotouristique arrive dans les années 1980. Après des décennies de déforestation liée à la banane, au café et à l’élevage, le pays voit ses ressources traditionnelles entrer en crise et prend conscience de la valeur de sa nature. Le résultat est mesurable : le Costa Rica a regagné de la surface forestière alors que la plupart des pays tropicaux en perdaient, et sa couverture boisée avoisine aujourd’hui la moitié du territoire. C’est cette trajectoire, plus que le marketing, qui fonde sa réputation.
Que fait concrètement le Costa Rica pour un tourisme responsable ?
La démarche repose sur des institutions et des labels, pas seulement sur des intentions. Le SINAC (Système national des aires de conservation) gère un réseau de parcs nationaux et de réserves qui couvre plus d’un quart du territoire. L’ICT (Institut costaricien du tourisme) certifie les entreprises via le label CST (Certification de tourisme durable), qui compte cinq niveaux et un cahier des charges strict. À l’échelle des communautés, la Bandera Azul Ecológica récompense chaque année les localités engagées dans la gestion des déchets et la protection des ressources.
Côté énergie, le pays produit plus de 98 % de son électricité à partir de sources renouvelables depuis 2014, grâce à l’hydroélectricité, la géothermie et l’éolien. Sur le climat, une précision s’impose : l’ancien objectif de neutralité carbone en 2021, annoncé dans les années 2000, n’a pas été atteint. Le pays vise désormais le zéro émission nette à l’horizon 2050, cible fixée par le Plan national de décarbonation 2018-2050 piloté par le MINAE (ministère de l’Environnement et de l’Énergie). Les transports, responsables de près de la moitié des émissions nationales, restent le principal chantier.
Ces engagements se retrouvent dans nos propres pratiques. Chez Terra Caribea, agence locale certifiée Travelife, nous mesurons notre empreinte carbone depuis 2024 et compensons nos émissions via le FONAFIFO, le fonds forestier national. Pour comprendre le cadre de ces certifications, consultez nos labels et certifications de tourisme durable.
- Des dates
- 1955 : Création du premier parc national : Parc du Volcan Poas.
- 2008 : les autorités des Parcs Nationaux du Costa Rica règlementent l’observation des baleines et des dauphins au départ de certains parcs.
- 2009 : le gouvernement annonce au Congrès son opposition à l’exploitation pétrolière au Costa Rica.
- 2012 : Le Costa Rica interdit la chasse sportive sur l’ensemble du territoire.
- Des chiffres
- De 10% de territoire protégé en 1987, ce sont désormais environ 27 % du territoire, dont 13 % de parcs nationaux, qui ont été aménagés pour être protégés afin de sauvegarder les différents biotopes du pays.
- 2010 : en 20 ans, le Costa Rica a réussi à augmenter de 31% sa surface forestière.
- 2015 : premier semestre avec 100 % d’énergie verte.
- 2021 : le nouvel objectif du Costa Rica est d’atteindre à 100% la neutralité carbone (CO²). En raison de la grande production d’électricité hydraulique que produit déjà le pays, l’objectif semble réalisable. D’autant plus que des recherches sont actuellement effectuées pour exploiter le potentiel géothermique de certaines régions et produire du biogaz à partir de pulpe de café.
- Des labels :
- L’Institut du Tourisme Costaricien (ICT) a mis en place en 2011 le label CST (Certification de Tourisme Durable), dans le but de trier et différencier les entreprises touristiques en fonction de leur degré d’implication dans la préservation de l’environnement (exploitation des ressources naturelles, culturelles et sociales). C’est une action privée contrôlée par l’État. Il existe 5 niveaux différents et un cahier des charges très rigoureux.
- La Bandera Azul Ecológica (Drapeau Bleu Ecologique) est un label décerné annuellement pour les communautés qui s’engagent dans le développement durable (gestion des déchets ou bien protection des ressources naturelles). Cette action gouvernementale suit des critères rigoureux et a pour but de transmettre un environnement préservé aux générations à venir.
Mais les initiatives ne sont pas seulement étatiques. De nombreux particuliers, hôtels, associations, coopérations se sont mis à « jouer le jeu » de l’écotourisme. Les Quakers à Monteverde, la Réserve Naturelle Absolue Cabo Blanco, ASEPALECO au coeur de la réserve Karen Mogensen, et l’ATEC dans les caraïbes en sont de bons exemples.
Où pratiquer l’écotourisme au Costa Rica ?
Trois destinations concentrent l’écotourisme costaricien parce qu’elles ont fondé leur attractivité sur la qualité de leurs écosystèmes. La péninsule d’Osa et le parc national du Corcovado, sur la côte pacifique sud, forment l’un des points les plus riches en biodiversité de la planète. Tortuguero, sur la côte caraïbe, s’explore en bateau à travers un réseau de canaux et de mangroves où nichent les tortues marines. Monteverde, enfin, est célèbre pour sa forêt de nuages perchée en altitude.
Au-delà de ces trois références, la logique de préservation irrigue l’ensemble du pays : réserves privées, refuges de vie sauvage, parcs volcaniques. Pour approfondir, consultez notre guide des parcs nationaux et réserves du Costa Rica et notre article sur les aires protégées et la biodiversité. Découvrir la péninsule d’Osa et le parc Corcovado reste l’expérience la plus immersive pour qui veut voir la forêt primaire de l’intérieur.
Quelles expériences écotouristiques vivre sur place ?
L’écotourisme au Costa Rica se vit à travers des activités à faible impact et des rencontres. L’observation de la faune — paresseux, singes, quetzals, tortues — se pratique à distance et sans nourrissage, dans le respect de codes de conduite précis. Les déplacements doux (randonnée, vélo, cheval, kayak) remplacent les activités motorisées. L’hébergement en écolodge, souvent isolé et alimenté en énergie renouvelable, prolonge la démarche.
Le volet humain compte autant. Le tourisme rural et communautaire permet de séjourner chez l’habitant, de participer à une récolte de cacao ou de café, ou de soutenir un projet de reforestation. Ces expériences soutiennent directement l’économie locale. Elles sont au cœur de circuits comme une aventure écotouristique au Costa Rica ou un voyage à travers l’écosystème du pays.
- Des séjours en communauté, à Los Santos (Providencia de Dota), Corcovado, Los Campesinos.
- Des activités avec peu d’impact environnemental (randonnée, vélo, cheval, yoga).
- Des écolodges : Tierra Madre Lodge, Forest Lodge, Cerro Escondido, La Tigra (et bien d’autres en secrets).
- Du volontariat : un peu partout dans le pays ! Pour cela vous pouvez nous consulter, mais nous ne commercialisons pas directement ce service.
Comment voyager en écotourisme au Costa Rica de façon responsable ?
Voyager responsable au Costa Rica tient à quelques gestes simples et cohérents : limiter le plastique à usage unique, maîtriser sa consommation d’eau et d’énergie, respecter les sentiers balisés et la faune, consommer local et de saison. Nous avons réuni ces repères dans la charte du voyageur responsable au Costa Rica, pensée comme un guide concret à emporter sur place.
Un levier va plus loin : la compensation carbone. Le transport aérien reste le principal poste d’émissions d’un voyage long-courrier, et aucune destination ne l’efface. Il est en revanche possible de le compenser via des projets locaux certifiés. Nous détaillons cette démarche volontaire, chiffres et projets à l’appui, sur notre page compenser l’empreinte carbone de son voyage. Pour aller plus loin, nos ressources pour voyager durablement rassemblent les bons réflexes avant le départ.
Quelques circuits écotouristiques pour vous inspirer
FAQ — Écotourisme au Costa Rica
Qu’est-ce que l’écotourisme au Costa Rica ?
C’est une forme de tourisme durable centrée sur la découverte responsable de la nature : observation de la faune, séjours en écolodge, soutien aux communautés locales, dans des espaces naturels peu perturbés. Le Costa Rica en est l’un des pionniers depuis les années 1990.
Pourquoi le Costa Rica est-il un modèle d’écotourisme ?
Le pays protège plus d’un quart de son territoire via le SINAC, produit plus de 98 % de son électricité à partir d’énergies renouvelables, et a regagné de la surface forestière. Cette trajectoire de long terme, appuyée par des labels exigeants, fonde sa réputation.
Quelle différence entre écotourisme et tourisme durable ?
L’écotourisme se concentre sur les sites naturels et leur préservation. Le tourisme durable est plus large : il applique les principes du développement durable à toutes les formes de voyage, en croisant enjeux économiques, sociaux et environnementaux, y compris en ville.
Où faire de l’écotourisme au Costa Rica ?
Les destinations phares sont la péninsule d’Osa et le parc Corcovado (biodiversité exceptionnelle), Tortuguero et ses canaux (tortues marines) et Monteverde (forêt de nuages). L’ensemble du pays compte des parcs et réserves accessibles.
Quels labels garantissent un tourisme responsable au Costa Rica ?
Le label CST (Certification de tourisme durable) de l’ICT, à cinq niveaux, certifie les entreprises touristiques. La Bandera Azul Ecológica récompense les communautés engagées. Le label international Travelife concerne les agences.
Le Costa Rica a-t-il atteint la neutralité carbone ?
Non. L’objectif de 2021 annoncé dans les années 2000 n’a pas été atteint. Le pays vise désormais le zéro émission nette en 2050, via son Plan national de décarbonation piloté par le MINAE.
Comment compenser l’empreinte carbone de son voyage au Costa Rica ?
Le vol long-courrier est le principal poste d’émissions. Il se compense via des projets locaux certifiés (reforestation, conservation). Terra Caribea propose une démarche volontaire, avec estimation de l’empreinte et certificat à l’appui.
Le Costa Rica est-il une destination écotouristique toute l’année ?
Oui, avec deux saisons : la saison sèche (décembre à avril) et la saison verte (mai à novembre), plus humide mais plus luxuriante et moins fréquentée. Chaque période a ses atouts pour l’observation de la nature.
Les définitions d’écotourisme et de tourisme durable au Costa Rica
L’écotourisme, concept contemporain intrinsèquement lié au Costa Rica ?
La difficile définition de l’écotourisme :
Le terme « écotourisme » émerge dans les années 1970, mais sa définition est plus récente. Dans les faits, il faut comprendre que l’écotourisme est une contraction d’écologie et de tourisme qui s’inscrit dans la mouvance du développement durable.
L’écotourisme est défini en 1992 par la Société internationale d’écotourisme comme « une forme de voyage responsable dans les espaces naturels qui contribue à la protection de l’environnement et au bien-être des populations locales ».
La définition donnée par Géoconfluence (ENS Lyon) se veut plus détaillée : « l’écotourisme constitue une des formes du « tourisme durable », soit une « forme de tourisme qui consiste à visiter des zones naturelles relativement intacte ou peu perturbées, dans le but d’étudier ou d’admirer le paysage, les plantes, les animaux sauvages ou des manifestations culturelles (passées ou présentes) dans ces zones » (Ceballos-Lascurain, 1987). »
Tandis que celle de l’IUCN (The World Conservation Union), met l’accent sur l’importance de l’implication des populations locales : « L’écotourisme est une visite, responsable au plan de l’environnement, dans des milieux naturels, relativement peu perturbés, avec le but d’apprécier la nature (et toute autre dimension culturelle du passé ou du présent), qui fait la promotion de la conservation, qui a un faible impact sur l’environnement et qui permet une implication socio-économique des populations locales« .
Ce qu’il faut retenir de ces définitions de l’écotourisme
Il faut donc comprendre que l’écotourisme dispose d’une dimension économique et écologique. On y retrouve la nécessité de proposer un modèle performant pour permettre la préservation des sites naturels remarquables, la répartition équitable des richesses, l’éducation des parties-prenantes et la valorisation du patrimoine et des cultures locales … Autant de dimensions valorisantes pour un territoire et sa population locale, mais qui peuvent s’avérer ambitieuses face à certains enjeux, d’ou l’importance de soutenir les acteurs locaux par notre sélection des prestataires.
L’écotourisme impose donc une responsabilité à l’industrie du voyage vis-à-vis de l’environnement et de l’économie locale. De façon plus concise, Blamey (1997, 2001) avance qu’une analyse des différentes définitions proposées amène à considérer trois dimensions qui constituent l’essence même du concept d’écotourisme :
- Un tourisme axé sur la nature ;
- Une composante éducative ;
- Un besoin de durabilité
En ce sens, les parcs nationaux illustrent bien ces 3 dimensions, en proposant à tout un chacun d’accéder à un territoire préservé mis en tourisme (sentiers d’accès, hébergements, infrastructures…), pour en apprécier les qualités naturelles de ce territoire, et ainsi découvrir voire comprendre ce qui fait les spécificités de son écosystème.
Le Costa Rica est-il vraiment un modèle d’écotourisme ?
Oui sur le plan environnemental, avec des nuances sur le reste. Dans l’index Meaningful Tourism 2023, qui évalue 88 destinations selon des critères de tourisme durable, le Costa Rica n’arrive qu’au 31e rang mondial toutes catégories confondues, mais il se classe premier lorsqu’on ne retient que les critères environnementaux. Le contraste résume bien la situation : exemplaire sur la nature, encore perfectible sur les dimensions sociales et de gestion.
Les zones d’ombre existent. Dans certaines régions du Guanacaste, de grands complexes hôteliers se sont implantés le long du Pacifique au mépris de règles élémentaires, avec des tensions récurrentes sur le traitement des eaux usées et la préservation des mangroves. Le tourisme de masse y côtoie l’écotourisme, en contradiction avec ses principes. C’est précisément pour cette raison que le choix des prestataires n’est pas neutre, et qu’une agence locale engagée écarte de ses circuits les acteurs qui ne respectent pas ses critères.
L’impact de l’écotourisme sur le développement du tourisme au Costa Rica
Toutes ces définitions et ces différents concepts de l’écotourisme qui ont émergé au cours des années 80-90 ont donc fortement influé le développement touristique du Costa Rica, qui a su s’en inspirer pour en proposer sa propre interprétation.
Avec de nos jours, au sein du pays de l’or vert de nombreuses destinations « écotouristiques » plébiscitées à raison. En effet, leurs attractivités et leurs stratégies de communication et de développement est fondée sur la promesse d’une expérience extraordinaire au Costa Rica. Cette stratégie fait écho à des concepts comme l’exotisme, ou la wilderness, deux formes d’attractivités d’un territoire qui reposent sur l’originalité de l’expérience que l’on peut y vivre au contact de la nature préservée et magnifiée.
Parmi ces destinations nous pouvons citer par exemple : la péninsule d’Osa et le désormais célèbre parc national du Corcovado, la lagune de Tortuguero et ses canaux de mangroves, la région de Monteverde et sa forêt de nuages… Ces trois sites touristiques peuvent être considéré comme écotouristiques, car elles ont fondé leurs attractivités sur la qualité de leurs écosystèmes préservés et la promesse d’une immersion au sein de ces environnements pour les découvrir de l’intérieur. Maintenant toute la difficulté sera de maintenir la qualité de l’expérience, car plus un lieu est célèbre, plus il est difficile de le maintenir préservé permettant que cela soit exceptionnel.
On peut d’ailleurs considérer que la majorité des destinations touristiques du Costa Rica partagent ses valeurs, avec des parcs nationaux et réserves naturelles réparties sur l’ensemble du territoire, ainsi qu’un réseau de prestataire pour les valoriser.
Le tourisme durable, un concept plus adapté au Costa Rica ?
Les liens entre « Développement durable » et « Tourisme durable » :
Le tourisme durable, ou plus généralement “tourisme responsable”, est un concept qui se veut plus global que l’écotourisme. Il rassemble l’ensemble des pratiques touristiques réalisées en perspective d’un développement durable de la société, avec de ce fait une triple dimension économique, sociale et environnementale.
Ces pratiques ne mettent pas uniquement en valeur un dépaysement porté sur la nature et son contact préservé, mais plus globalement des pratiques touristiques qui se voudraient vertueuses, régénératrice voire déculpabilisantes.
Le tourisme durable, c’est donc la recherche d’un modèle qui cherche à être le moins impactant pour l’environnement et le plus profitable à la société et aux territoires d’accueils. C’est, à l’image du développement durable, un idéal vers lequel les parties prenantes du système touristique doivent pouvoir tendre. Car dans les faits, cela permettrait de donner des vertus positives au tourisme, en plus d’être une manne économique. Tandis que pour ceux qui le pratique, cette forme de tourisme va permettre de pouvoir profiter sans remords des vacances, voire même d’avoir le sentiment d’être bénéfique pour la société.
De cette façon, le « tourisme durable » peut apporter une dimension supérieure à l’expérience touristique, en lui conférant des vertus positives. Cette logique est comparable à celle du développement durable en général qui cherche à optimiser nos modes de fonctionnement pour les rendre les plus performants possibles (sur le plan énergétique, technique, pédagogique…) et ainsi limiter les externalités négatives générées par la croissance…
Ainsi, le tourisme durable consiste globalement à appliquer les principes du développement durable à toutes les formes de tourismes, quel que soit l’environnement en place. Il s’agit donc de chercher à veiller à l’ensemble des équilibres socioculturels et écologiques, tout en favorisant le développement économique des destinations et des entreprises touristiques.
C’est un concept différent de celui d’écotourisme, qui est concentré sur la préservation de sites naturels remarquables et leurs mises en tourisme. Le tourisme durable peut lui s’appliquer à des contextes variés, que ce soit en milieu urbains, dans les zones rurales, en montagnes, car ce n’est pas le lieu qui importe, mais les pratiques durables mises en place par le prestataire et permettant de vivre une expérience bénéfique sur différents plans (économique, socioculturel et écologique).
La recherche d’un modèle touristique qui fait consensus :
Pour aller plus loin dans cette analyse, nous ajoutons la définition de « tourisme durable » proposée par l’Organisation Mondial du Tourisme :
“Un tourisme qui tient pleinement compte de ses impacts économiques, sociaux et environnementaux actuels et futurs, en répondant aux besoins des visiteurs, des professionnels, de l’environnement et des communautés d’accueil”.
La dimension sociale est particulièrement importante, car elle assure une cohésion entre les organes décisionnaires et les acteurs engagés sur le terrain. Dans les faits, il serait impossible de promouvoir un modèle touristique « vertueux » sans l’appui de la population locale, car il est nécessaire qu’un ensemble de parties prenantes d’un territoire touristique s’engage à faire évoluer leurs pratiques.
Le Costa Rica, une destination écotouristique et durable ?
Comme on peut le voir dans le schéma ci-dessous, si l’écotourisme se concentre sur les dimensions environnementales et économiques d’un territoire touristique, le tourisme durable se veut globale, en prenant en compte l’ensemble des problématiques en jeux (sociale, environnementale et économique), afin de s’appliquer à une grande diversité de contexte différent.
Dans les faits, le Costa Rica cherche à répondre aux exigences croisées du tourisme durable, mais nous verrons que cela est appliqué surtout à des contextes davantage propres à l’écotourisme, à l’image des parcs nationaux et des réserves naturelles (privées ou publiques). Pour autant, à termes nous aimerions privilégier le terme « tourisme durable » pour parler du modèle touristique du Costa Rica, car il est davantage adapté aux objectifs mis en avant par les politiques en place, ainsi qu’à la diversité des territoires touristiques concernés.
Maintenant, il est également important de nuancer le propos, en mettant en valeur le travail qui reste à accomplir pour que le Costa Rica continue à être perçu comme un modèle pour l’écotourisme et le tourisme durable. Car de nombreux acteurs du tourisme restent encore opaques à ces problématiques de durabilité et de préservation de l’environnement, tandis que certaines destinations du pays répondent davantage aux logiques du tourisme de masse, en parfaite contradiction avec celles de l’écotourisme ou du tourisme durable…
Pour illustrer cela, nous vous invitons à consulter un classement développé par Meaningful Tourism en 2023, pour évaluer 88 destinations touristiques à travers le monde par rapport à un ensemble de critères du tourisme durable : Index Meaningful Tourisme 2023.
En synthèse on peut y voir que le Costa Rica n’est qu’au 31ème rang mondiale, derrière la France (19ème), mais que pour autant seule les 3 trois premiers pays de ce classements (Aruba, Islande et Suisse) répondent à plus de 50% des critères analysés, tandis que le Costa Rica est premier si l’on évalue uniquement les critères environnementaux. D’un côté, cela met en valeur la complexité de mettre en place des stratégies de tourisme durable, tant cela nécessite une remise en cause globale des modes de fonctionnement (à l’image du développement durable). Tandis que cela illustre également le travail important réalisé par le Costa Rica sur le plan environnemental, avec une destination exemplaire par rapport à l’écotourisme, mais qui a encore du travail à faire pour être exemplaire en matière de tourisme durable.
D'autres ressources sur l'écotourisme :
Articles de blog sur le tourisme durable et l’écotourisme :
– Les 10 commandements pour être écotouriste au Costa Rica
– L’agro-écologie au Costa Rica
– Le Costa Rica : un modèle pour l’écotourisme et un enjeu pour Terra Caribea
Voyager autrement au Costa Rica
L’écotourisme au Costa Rica n’est ni un label ni un slogan : c’est une manière de voyager qui relie la découverte de la nature, la réduction de son impact et le soutien aux habitants. Le pays offre un cadre rare pour la mettre en pratique, à condition de choisir des prestataires cohérents avec cette exigence. C’est notre métier d’agence locale. Demandez un devis pour construire un voyage responsable au Costa Rica sur mesure.
Sources
- SINAC — Système national des aires de conservation (aires protégées, biodiversité)
- ICT — Institut costaricien du tourisme (label CST)
- MINAE — Plan national de décarbonation 2018-2050 (neutralité carbone 2050)
- UNFCCC — Costa Rica commits to fully decarbonize by 2050
- The International Ecotourism Society (TIES) — définition de l’écotourisme (1992)
- IUCN — définition et critères de l’écotourisme
- Meaningful Tourism Index 2023












